AGRICULTURE : Les autorités de la région du Centre-ouest à la découverte du bas-fond rizicole de Youloupo

octobre 21st, 2019 | par afriktilgre@
AGRICULTURE : Les autorités de la région du Centre-ouest à la découverte du bas-fond rizicole de Youloupo
Agro-pastoral
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La Direction Régionale de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles du Centre-ouest a organisé le 18 octobre 2019, une visite commentée du bas-fond rizicole de Youloupo, village situé dans la commune de Didyr, province du Sanguié. Une sortie effectuée avec Madame le Gouverneur de la région, le Haut-commissaire de la province,  le préfet du département de Didyr, et le premier adjoint au maire de la commune. Elle avait pour objectif d’une part, de faire découvrir aux autorités, tout le potentiel de ce bas-fond situé à plus de 70 km de Koudougou, et, d’autre part, de mener des échanges entre producteurs, techniciens et autorités.

Arrivés sur le site aux environs de 10 heures, les visiteurs ont été chaleureusement accueillis par une foule de producteurs, visiblement ravis de compter parmi leurs hôtes du jour, le Gouverneur en personne. Une fois les civilités échangées, il a été procédé à une brève présentation du bas-fond. Après quoi, les autorités ont visité le champ de riz qui s’étend sur une superficie de 68 hectares exploitée par 441 producteurs dont 286 femmes et 155 hommes. Aménagé en 2016 (38 ha) et en 2018 (30), ce bas-fond entre dans le cadre du Projet Riz Pluvial (PRP). Son aménagement a été une réalisation communautaire dont la gestion est actuellement assurée par un Groupement de Producteurs de Riz (GPR).

Le PRP, un projet pour contrer l’insécurité alimentaire

Selon le Gouverneur de la région du Centre-ouest, Irène COULIBALY, le Projet Riz Pluvial témoigne de l’attention que porte le gouvernement aux questions de sécurité alimentaire, au bien-être des populations et de leur dignité. « Au Burkina, le riz occupe la quatrième place des principales céréales cultivées, tant du point de vue des superficies de la production que de la consommation. Insignifiante au début des années 60, sa consommation s’accroit régulièrement à un rythme annuel de 7%. Ainsi, de 18kg par habitant en 1999, cette consommation est passée à 35kg, voire 50kg pour les centres urbains de nos jours. La production nationale du riz couvre à peine 40% de ce besoin de consommation », a relevé le gouverneur dans son discours.

Une situation d’inadéquation entre l’offre locale et la demande intérieure qui conduit le pays à avoir recours à des importations massives chaque année pour satisfaire une demande sans cesse croissante. Et c’est pour inverser cette tendance de déficit interne et rendre le riz plus accessible à tous, que le Gouvernement du Burkina, en relation avec ses partenaires au développement, a lancé le programme d’aménagement de bas-fonds dont le PRP. Avec une capacité de production qui peut atteindre les 300 tonnes, il n’est cependant attendu que quelques 200 tonnes de riz cette année dans le bas-fond de Youloupo. Cela, en raison d’une part, à l’irrégularité de Dame Nature et, d’autre part, à la non vulgarisation de l’utilisation de la fumure organique par les producteurs.

Des défis à relever pour une meilleure production

En choisissant le thème : « Gestion de la fertilité des sols pour une bonne production rizicole » pour les échanges lors de cette visite, la direction régionale de l’Agriculture, déjà consciente des problèmes qui minent le secteur, souhaite la contribution des premiers acteurs pour relever le défi de la sécurité alimentaire. Selon Herman HIEN, Directeur régional de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles, ce sont plus de 25 milliards de francs CFA qui sont dépensés annuellement dans les importations du riz pour couvrir les besoins de consommation des populations.

Herman HIEN, directeur régional de l’Agriculture du Centre-ouest

Herman HIEN, directeur régional de l’Agriculture du Centre-ouest

« Paradoxalement, nous avons un gros potentiel pour produire le riz dans notre pays. On a 500 000 hectares de bas-fond aménageables comme celui de Youloupo, et si on mettait seulement en valeur la moitié de ce potentiel, la couverture en besoin de riz serait une réalité au niveau local. Malheureusement, nous sommes à peine à 20% de valorisation de ce potentiel », déplore l’ingénieur en agriculture. Pour ainsi combler ce manque à gagner, des pistes de solutions sont envisagées. Il s’agit entre autres de la recherche de variétés très performantes. Des variétés qui pourront faire en sorte que de trois (03) tonnes à l’hectare, comme c’est le cas de Youloupo actuellement, l’on passe à six (06) tonnes l’hectare.

L’autre défi, c’est la gestion de la fertilité des sols. L’utilisation de la fumure organique est perçue comme une solution pour avoir une production dans la durée. Pour cette campagne sèche, il sera question d’augmenter la production de la fumure organique au niveau de tous les bas-fonds. « On va accompagner tous les bas-fonds agricoles avec ce que l’on appelle, le Burkina phosphate qui est une matière qui accompagne favorablement la décomposition des formes de riz et qui enrichit le compost. Il y a un stock de cette matière qui sera mis à la disposition des producteurs et les agents vont les accompagner dans sa production pour qu’on ait des résultats meilleurs », a assuré M. HIEN.

Un satisfecit à l’issue de la visite

Durant cette visite et les échanges qui ont suivi, les autorités régionales ont pu s’imprégner davantage des réalités que vivent les producteurs. Ces derniers ont soulevé un certain nombre de préoccupations qui tournent essentiellement autour du manque de retenues d’eau et de fosses fumières. Promesse a été faite de travailler à résoudre ces problèmes pour de meilleurs rendements.

Moment d’échanges entre les autorités et les producteurs

Moment d’échanges entre les autorités et les producteurs

A leur tour, les producteurs ont pris l’engagement de mettre l’accent sur la fumure organique afin de fertiliser davantage les sols et ainsi augmenter la production. Madame le gouverneur a dit être réconfortée de l’engagement de ces populations pour la culture du riz, car, de par leur contribution, la sécurité alimentaire pourra être assurée dans la région.

Présent également à cette sortie terrain, le Coordonnateur national du PRP a félicité la direction régionale de l’agriculture sur laquelle repose selon lui, le succès du projet. Gaoussou SANOU a aussi fait une mention spéciale aux femmes qu’il estime être les véritables exploitantes du bas-fond. Il pense que grâce au travail de ces dernières, l’atteinte de l’objectif des 4 tonnes à l’hectare est possible. « Nous allons travailler à ce qu’elles soient mises en valeur. Nous allons aussi voir comment les accompagner pour l’étuvage », a promis M. SANOU. Pour finir, il a félicité les agents qui travaillent à la base pour l’émancipation et la promotion de la filière riz au niveau national. Si la visite s’est déroulée dans une parfaite ambiance, il faut noter toutefois que cette journée restera certainement gravée dans la mémoire de tous ceux qui ont fait le déplacement de Youloupo, et ce n’est surtout pas Madame le Gouverneur qui dira le contraire. En effet, l’accès au village relève d’un parcours de combattant. Et comme si cela ne suffisait pas, quelques véhicules dont celui du Gouverneur, se sont embourbés à l’entrée du bas-fond.

Le véhicule du Gouverneur s’est embourbé à l’entrée du bas-fond

Une situation qui s’est décantée après plus de deux heures de manœuvres pour désembourber le véhicule du Gouverneur, et ce, grâce à une forte mobilisation des populations pour permettre aux visiteurs de reprendre le chemin de Didyr et Réo pour les uns et Koudougou pour les autres. Madame le Gouverneur laissera d’ailleurs entendre que le Gouvernement est interpellé, et qu’avec le Ministère des Infrastructures, des dispositions seront prises pour améliorer l’accès à ce bas-fond.

Romuald Windenonga OUEDRAOGO

 

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