Bonnes pratiques culturales : ARFA met la science au service de l’agro-écologie

décembre 4th, 2022 | par afriktilgre@
Bonnes pratiques culturales : ARFA met la science au service de l’agro-écologie
Agri-innove
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Un atelier d’échange sur l’agro-écologie a été organisé par l’Association pour la Recherche et la Formation en Agro-écologie (ARFA), du 2 au 3 décembre 2022 à Ouagadougou. Il a réuni une quarantaine d’acteurs issus d’associations, organisations non gouvernementales (ONG), centre de recherche et structures gouvernementales œuvrant dans le domaine. Cet atelier a été l’occasion pour les participants de prendre connaissance de données scientifiques issues d’une évaluation de l’agro-écologie.

Entre présentations de résultats d’études et échanges, la quarantaine de participants à l’atelier ont passé en revue l’état des lieux de l’agro-écologie au Burkina Faso. Cela s’est fait à travers quatre communications ponctuées de débats.

Une vue de quelques participants à l’atelier.

D’abord, les impacts socio-économiques et environnementaux des pratiques agro-écologiques, plus particulièrement le maraîchage écologique, qui ont fait l’objet d’une étude ont été abordés par Dr Cédric Kambiré, chercheur au Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST). Ladite étude a pour objectifs de mettre en exergue les avantages de la pratique écologique de l’agriculture, en termes socio-économique et environnemental. Elle vise aussi à montrer à quel point l’agro-écologie constitue une levier dans l’adaptation aux effets du changement climatique. Les résultats de cette étude menée dans le nord du Burkina Faso sont encourageants. En effet, il ressort que l’agro-écologie contribue fortement à une rentabilité économique, et améliore la santé de l’écosystème, selon le communicateur.

Dr Cédric Kambiré : l’agro-écologie est en bonne voie au Burkina Faso.

« Nous avons des résultats très positifs, très intéressants, surtout au niveau de la résilience des producteurs, ensuite au niveau de la santé agro-écosystème. » se réjouit Dr Kambiré. Cependant, l’étude révèle que sur le plan de la la contribution du maraîchage écologique à l’amélioration de la qualité de vie des producteurs, des efforts restent à fournir.

L’agro-écologie un domaine qu’il faut accompagner.

Dans le même sillage, la deuxième communication a été consacrée à la restitution des résultats d’une étude évaluative de la transition agro-écologique, en lien avec les dix éléments de l’agro-écologie selon la FAO. «Nous retenons de cette étude que les exploitations sont performantes sur un certain nombre d’éléments, mais il ya toujours de la matière si nous voulons parvenir à une agriculture agro-écologique dans les trois régions (ndlr, l’étude a été conduite dans la Boucle du mouhoun, le Centre et le Centre-est). En termes de cartographie de marchés territoriaux, l’ étude révèle un lien entre les productions agro-écologiques et les marchés.» a expliqué Salia Hébié, Chargé de programme à ARFA.

On peut bien s’en passer des produits chimiques aux conséquences indésirables.

La troisième communication, elle, a posé la problématique des fertilisants organiques. A cet effet, il ressort de l’étude menée par ARFA et présentée par Arsène Sawadogo, chargé du projet Agro-écologie, une voie d’adaptation au changement climatique dans les zones sèches (AVCLIM), que les fertilisants organiques contribuent à la fertilisation des sols, à la diminution du stress hydrique causé par la raréfaction des pluies et enfin au système de défense naturelle des plantes.

Arsène Sawadogo : l’agro-écologie plus qu’une alternative, une obligation nécessaire.

Arsène Sawadogo à par ailleurs déploré le fait que pendant les soixantes dernières années, l’on est mis l’accent sur les fertilisants chimiques qui agissent en priorité sur les plantes au détriment du sol. «Au regard du contexte actuel, il est indispensable de se tourner vers les fertilisants organiques.» martelle-t-il.

Un résumé de l’atelier est disponible aussi sur Afriktilgre Tv.

Des pratiques loin d’être agro-écologiques à corriger.

A l’opposé des fertilisants organiques qui sont à encourager, et à promouvoir, les produits chimiques de synthèse, surtout ceux qui sont prohibés, sont à proscrire. C’est ce que soutient Patrice Da, chargé de communication et de plaidoyer à Inades Formation Burkina, dans sa communication. Il a présenté les résultats d’une enquête menée auprès des producteurs, avec pour but de réunir des arguments convaincants, capables de tirer la sonnette d’alarme. « Le constat est dramatique dans les campagnes. » regrette-t-il d’entrée de jeu.

Patrice Da, « plus de 60% des producteurs utilisent les pesticides».

Pour étayer ses propos, il avance des chiffres selon lesquels plus de 60% des producteurs utilisent les herbicides prohibés. L’utilisation des herbicides ainsi que des pesticides est plus accentuée dans le maraîchage. Le danger est d’autant plus prégnant dans la mesure où tous les producteurs ne sont pas accompagnés par des agents techniques de l’agriculture, poursuit Patrice Da; qui pointe du doigt, des comportements dangereux dans la gestion des emballages des produits chimiques utilisés par les producteurs. À ce sujet, le chargé de communication et plaidoyer de Inades Formation Burkina explique que, certains producteurs laissent ces emballages à l’air libre, d’autres les brûlent ou les enfouissent dans le sol.

Il faut noter qu’à l’issue de l’atelier, des reconnaissances ont été formulées et seront portées à la connaissance du public à l’occasion d’un point de presse.

Retrouvez ici un résumé du point de presse, à l’issue de l’atelier.

Adrien Djiguemdé

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