ARFA et ses partenaires plaident pour une agriculture écologique au Burkina Faso

décembre 5th, 2022 | par afriktilgre@
ARFA et ses partenaires plaident pour une agriculture écologique au Burkina Faso
Agri-innove
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A l’issue de 48h d’échange avec les acteurs du domaine de l’agro-écologie, l’ Association pour la Recherche et la Formation en Agro-écologie (ARFA) était face à la presse le samedi 3 décembre à Ouagadougou. Les recommandations issues de cet atelier de deux jours ont été présentées aux hommes et femmes de médias.

Le présidium du point de presse, de la gauche vers la droite : Salia Hébié chargé de programme chez ARFA, Arsène Sawadogo chargé de projet et Dr Cédric Kambiré, chercheur au CNRST.

Se basant sur des études réalisées dans plusieurs régions du Burkina Faso, l’Association pour la Recherche et la Formation en Agro-écologie (ARFA) estime que l’agro-écologie est la voie idoine pour une agriculture durable. Cette conception trouve aujourd’hui tout son sens, compte tenu de la situation actuelle du pays marqué pas des épisodes de crises alimentaires, selon Arsène Sawadogo chargé de projet à ARFA, porte parole. Ces crises alimentaires sont accentuées par le déficit sécuritaire qui limite les possibilités de production agricole dans certains zones, constate-il.

C’est pourquoi le porte parole de l’association soutient dans sa déclaration face à la presse que, «la résilience alimentaire s’impose alors aux Burkinabè comme un enjeu majeur, alors que le modèle agricole dominant rencontre des limites objectives en termes de performances technico-économiques, de durabilité environnementale, de résilience, et in fine pour l’amélioration de la qualité de vie générale des populations. C’est pourquoi les pouvoirs publics y compris les collectivités territoriales, ainsi que les acteurs de la société civile, doivent explorer et formuler de nouvelles stratégies de développement d’une agriculture familiale plus résiliente dans un contexte de changement climatique.».

Arsène Sawadogo : «Il n’y a pas d’autre voie que d’aller vers l’agro-écologie».

L’agro-écologie une pratique gagnante à plusieurs égards.

A la question de savoir la plus value de l’agriculture écologique, les conférenciers ont été on ne peut plus clair. La mise à l’échelle de l’agriculture écologique permettra de réduire significativement les dépenses, donc d’accroitre les rendements économiques. Cela, parce qu’elle utilise des intrants locaux issus de matières locales. En plus d’être une opportunité de réduction des dépenses, l’agro-écologie se positionne en moyen efficace de lutte contre le réchauffement climatique. « L’agro-écologie permet de produire durablement tout en réduisant les gaz à effet de serre. Je prends par exemple la valorisation de la biomasse. Le fait d’enfouir de la matière organique on fait de la séquestration de carbone dans le sol, ce qui va empêcher les émissions de gaz et réduire le réchauffement climatique. Également, le fait de favoriser la consommation locale, on contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre liés au voyage des aliments.», soutient Arsène Sawadogo.

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Des propositions, ARFA en a.

En vue de faire de l’agro-écologie un véritable levier contre plusieurs maux dont les crises alimentaires, le réchauffement climatique, ARFA ne manque pas de recommandations à l’endroit des décideurs, parmi lesquelles :

Initier des concertations dynamiques et inclusives entre les différentes familles d’acteurs intéressés par les questions de systèmes alimentaires durables;

Réviser les curricula de formation des cadres et techniciens de l’agriculture, en intégrant les enjeux de transitions agro-écologiques et de systèmes alimentaires durables;

Intégrer les principes et pratiques agro-écologiques aux modèles actuels de développement agricole ;

Soutenir la formation, la recherche et l’innovation en matière de gestion durable des terres et de promotion de l’agroécologie;

Faciliter l’accès des agro-sylvo-pasteurs aux intrants de qualité adaptés à l’agroécologie, à travers des subventions et des quotas représentant au minimum 25% de fonds destinés à l’agro-écologie.

ARFA a par ailleurs appelé, par la voix de son porte-parole, les décideurs à une rupture avec le “parler” pour aller vers les actions.

Adrien Djiguemdé

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