42è JMA: Inades-Formation Burkina et le CNABio défendent l’agroécologie

octobre 16th, 2022 | par afriktilgre@
42è JMA: Inades-Formation Burkina et le CNABio défendent l’agroécologie
Agri-innove
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L’agroécologie est une alternative capable de garantir une alimentation saine et durable à l’ensemble des Burkinabè. C’est la conviction de Inades-Formation Burkina et du Conseil national de l’agriculture biologique (CNABio). Ils l’ont réaffirmé les 14 et 15 octobre 2022 à travers une rencontre avec des acteurs du secteur agricole de la commune de Gourcy, région du Nord. Ce rendez-vous s’est tenu à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation (JMA) célébrée chaque 16 octobre.

Photo de famille avec l’ensemble des participants.

 « L’agroécologie: une alternative pour une alimentation durable et saine pour tous. ». C’est sous ce thème que l’Institut africain pour le développement économique et social-Centre africain de formation section Burkina Faso (Inades-Formation Burkina) et le Conseil national de l’agriculture biologique (CNABio) ont célébré les 14 et 15 octobre 2022 dans la commune de Gourcy, la 42è Journée Mondiale de l’Alimentation. Le 14 octobre, les deux structures ont d’entrée de jeu partagé leurs expériences en matière d’agroécologie avec des producteurs agricoles et des services techniques en charge de l’agriculture dans  la province du Zondoma. Il ressort de cette session de partage d’expériences que, les interventions de Inades-Formation Burkina, du CNABio et de l’ONG ARFA ont amené plusieurs agriculteurs du Burkina Faso et de la commune de Gourcy en particulier, à aborder une transition agroécologique.

Des producteurs attentifs aux messages du CNABio et de Inades-Formation Burkina.

 Cette transition s’est faite à travers des actions de formation en production de compost et de bio-pesticides à base de feuilles et de graines de neem, souligne Samuel Somda chargé de programmes à Inades-Formation Burkina. Il a poursuivi en indiquant que, l’accompagnement des producteurs du Zondoma vers l’agroécologie a été possible grâce à la mise en place de sites  d’expérimentation des pratiques agroécologiques appelés des champs écoles paysans.

La région du Nord compte quatre sites. Deux (02) sites orientés vers la production de niébé, un site pour mener des expériences sur l’arachide et un dernier pour le sésame, à en croire les explications de Samuel Somda. Ces sites d’expérimentation des pratiques agroécologiques permettent de déceler d’abord les problèmes des paysans et de proposer ensuite des solutions.

Samuel Somda chargé de programmes à Inades-Formation Burkina invite les acteurs du secteur agricole dans le Zondoma à se départir des pesticides chimiques.

Des producteurs témoignent de l’efficacité des pratiques agroécologiques

A l’issue des interventions de Inades-Formation et ses partenaires, Djeneba Ouédraogo agricultrice à Gourcy a laissé entendre que le Bokashi (compost obtenu à partir de la putréfaction de matières organiques) lui a permis d’augmenter ces rendements cette année. Chaque campagne agricole, Djeneba Ouédraogo utilisait sept (07) sacs d’engrais chimiques. Avec l’augmentation du prix desdits engrais, elle a décidé de s’en passer et d’opter pour le Bokashi. Un choix qu’elle ne regrette pas, puisqu’elle confie avoir augmenté sa production de petit mil.

Plus loin notre agricultrice a indiqué qu’elle travaille avec une soixantaine de femmes sur un périmètre maraicher à Gourcy. Grace à la fumure organique et aux bio-pesticides qu’elles utilisent, elles conservent leurs récoltes de pommes de terre sur trois mois. Le chef de Kagapessogo, village situé à la périphérie de Gourcy, a pour sa part indiqué que les avantages des pratiques agroécologiques se situent à deux niveaux. Elles préservent dans un premier temps la santé du producteur, au regard du caractère naturel des intrants utilisés.

L’agroécologie est bénéfique pour le producteur et le consommateur, foi du chef de Kagapessogo.

Elles aident aussi le paysan à économiser de l’argent en produisant lui-même ses propres intrants. Inquiet des risques sanitaires auxquels les producteurs du Zondoma s’exposent,  avec les pesticides chimiques, le chef de service provincial des aménagements hydrauliques et de la production agricole, Bourgou Yenipa a incité le CNABio et Inades-Formation Burkina a poursuivre leurs actions en faveur de l’agrécologie. Même son de cloche chez Bosso Toé Kaba Tere, président de la délégation spéciale de Gourcy, qui regrette l’apparition de certaines maladies comme le cancer, à partir de l’utilisation des pesticides chimiques dans l’agriculture.

Au milieu, Bosso Toé Kaba Tere président de la délégation spéciale de Gourcy.

Tout un chacun doit être regardant sur ce qu’il mange

Samuel Somda est revenu à la charge pour inviter les consommateurs à exiger des produits sains, dépourvus de toute substance chimique capable de détériorer de l’homme. La célébration de la 42è Journée Mondiale de l’Alimentation par le CNABio et Inades-Formation a pris fin le 15 octobre dans le village de Bogo, à travers une session d’échanges entre producteurs sur un site modèle en agroécologie. Cette discussion permettra de concevoir de façon participative un modèle endogène de village écologique. Ce modèle de village écologique que les deux structures souhaitent implémenter partout au Burkina Faso doit être un creuset de bonnes pratiques agricoles.

Retrouvez sur Afriktilgre Tv le résumé de la célébration de la Journée Mondiale de l’Alimentation, par le CNABio et Inades-Formation Burkina.

Sougrinoma Ismaël GANSORE

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