Nelly Rasandy de GIZ Madagascar : « Mon pays est engagé dans la restauration des sols de 40 000 hectares de forêts détruites »

novembre 29th, 2019 | par afriktilgre@
Nelly Rasandy de GIZ Madagascar : « Mon pays est engagé dans la restauration des sols de 40 000 hectares de forêts détruites »
Agri-innove
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De passage à Ouagadougou dans le cadre d’une formation sur le Leadership, Nelly Rasandy, Conseillère Technique de ProSol, a planté le décor de l’agriculture biologique et des pratiques agricoles dans son pays. C’était au cours d’une interview exclusive qu’elle a accordée à Afriktilgre. Lisez-plutôt.

Afriktilgre : Quel état des lieux faites-vous de la pratique de l’agriculture biologique à Madagascar ?

Nelly Rasandy : Chez nous à Madagascar le Bio n’est pas trop vulgarisé et connu par tout le monde. La consommation quotidienne du bio n’est pas vulgarisée. La politique de l’Etat ne prend pas véritablement en compte l’agriculture biologique. Par contre, le conventionnel est très vulgarisé et très populaire.

C’est ce constat qui a nourrit l’idée de développement d’un projet de mise en place d’une production bio, du processus de certification, et le développement de marché. Le projet est certes coûteux mais il servira de modèle pilote dans mon pays. Il permettra de rechercher des financements pour sa mise en œuvre et sa vulgarisation.

Que faire donc pour adopter ce modèle d’agriculture ?

Il y a des choses qu’on peut développer mais pas dans la vulgarisation de la politique de l’agriculture. Si on veut que cette filière se développe à Madagascar, il faut déjà mettre en place une structure pour l’encadrer. Ce qui n’existe pas encore.

Par contre, il y a le syndicat des producteurs bio qui existe. Il rassemble tous les producteurs du bio pour l’exportation. Mais, ce sont les grandes entreprises qui constituent ce syndicat et non pas les petits producteurs.

Quelles sont les pratiques agricoles des producteurs à Madagascar et les l’impacts sur l’environnement ?

Auparavant, les Malgaches faisaient l’agriculture itinérante, c’est à dire les cultures sur brûlis, les feux de brousse, ce qui détruit l’écosystème et la fertilité du sol. Si cette technique est pratiquée cette année sur une parcelle X, l’an prochain la parcelle ne donne plus le rendement voulu et le producteur change de parcelle et brûle encore.

L’agriculture et l’environnement sont liés et 80% de la population Malgache vit de l’agriculture. On imagine déjà la pression que cela peut apporter sur l’environnement.

Nelly Rasandy ( au milieu) tenant l’attestation de sa formation sur le leadership en agriculture biologique

Quelles sont les mesures prises pour remédier ce problème ?

Actuellement, il y a le projet Prosol qui se développe et vulgarise diverses techniques pour améliorer la fertilité des sols détruits jadis par les producteurs

Le pays est engagé dans la restauration des sols de 40 000 hectares de forêts détruites. Cette politique de réhabilitation repose sur une approche dénommée ”Approche Paysage”. C’est à dire qu’il faut considérer à la fois les montagnes, les bas-fonds, les flancs des montagnes, mais aussi les dimensions sociales et culturelles.

La réhabilitation des sols est un processus qui est en cours. L’engagement de Madagascar dans ce processus a eu lieu en 2018 et nous pensons atteindre les 40.000 hectares en 2030.

A propos du projet ProSol, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans sa mise en œuvre ?

Les difficultés sont nombreuses. Par exemple, il y a les dimensions politiques que nous ne pouvons pas maitriser. Il y a également les dimensions climatiques notamment, le changement climatique, les cyclones comme Madagascar est une île.

Nous pouvons citer aussi les dimensions sociales et les facteurs anthropiques. Il y a des gens qui n’aiment pas que nous leurs enseignons de nouvelles techniques à part celles qu’ils ont mis en œuvre avec leurs ancêtres. Chose que nous essayons de remédier.

Propos recueillis par Fernand Appia

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