Mise en œuvre des Conventions de Genève au Burkina : des milliers de soldats outillés depuis 1994

novembre 13th, 2021 | par afriktilgre@
Mise en œuvre des Conventions de Genève au Burkina : des milliers de soldats outillés depuis 1994
L'autre regard
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La mise en œuvre du Droit International Humanitaire (DIH) dans les forces armées Burkinabè a été revisitée le 12 novembre 2021 à Ouagadougou, par le Colonel Jean-Célestin Ouattara, en faveur de la commémoration du 60e anniversaire de l’adhésion du Burkina Faso aux conventions de Genève. Cette occasion de réflexion a été initiée par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

Dans la mise en œuvre de ses actions, le Comité International de la Croix-Rouge travaille avec divers acteurs impliqués dans le Droit International Humanitaire. Dans un contexte de crise sécuritaire au Burkina Faso, le CICR a jugé nécessaire de passer en revue la mise en œuvre des conventions de Genève au niveau des forces armées nationales, notamment le Ministère de la Défense dont les actions gravitent autour des centres d’intérêt du CICR.

Selon le colonel Jean-Célestin OUATTARA, coordinateur de la cellule du Droit International Humanitaire au sein du Ministère de la Défense,  la mise en œuvre des conventions de Genève est effective au niveau des forces armées Burkinabè. En effet le Droit International Humanitaire qui matérialise ces conventions est intégré dans la formation des militaires. Des cadres supérieurs aux militaires de rang, tous bénéficient de ce module dans leur formation.

Le Colonel Jean-Célestin OUATTARA, coordinateur de la cellule du Droit International Humanitaire au sein du Ministère de la Défense

« Dans tous ces centres et écoles, l’académie militaire Georges Namoano de Pô, l’Institut supérieur d’étude et de protection civile, l’école nationale des sous-officiers actives à Kamboinsin, les écoles de gendarmerie et sapeurs-pompiers, les centres de formations initiales…, le DIH est enseigné ; que ce soit du soldat jusqu’à l’officier » a laissé entendre le colonel Ouattara.

À en croire le coordinateur de la cellule DIH du Ministère de la Défense, le Colonel Jean-Célestin Ouattara, au regard de la situation sécuritaire au pays des Hommes intègres, un accent particulier est mis sur la formation des unités opérationnelles engagées dans les opérations internes. Pour les unités engagées dans les opérations internationales, le CICR travaille à ce qu’elles bénéficient d’une formation en DIH, avant leur redéploiement sur le terrain. « Chaque année, des sessions de formations et de sensibilisations sur le DIH sont organisées dans les différentes garnisons des forces armées, avec le concours très précieux du CICR » a précisé le panéliste.

En image quelques participants au panel

Pour une prise en compte efficace et efficiente du DIH dans les forces armées, le Colonel Ouattara estime que bon nombre de défis sont à relever. Il s’agit de la dynamisation de la cellule DIH du Ministère de la Défense à travers le toilettage des textes qui datent de 1994. Pour lui, les choses ont évolué et il est donc nécessaire d’adapter les textes aux réalités actuelles.

« Depuis 2016, nous faisons face au terrorisme, et il faut réadapter nos hommes au terrain » relève le panéliste. Il recommande également la relecture du manuel du soldat. C’est un document mis à la disposition des soldats afin qu’ils sachent les choses à faire et celles à proscrire une fois sur le terrain. « Quand le militaire va sur le terrain, il y a certains faits qui ne doivent pas être posés en fonction des us et coutumes de chaque région » a expliqué le coordinateur de la cellule DIH au sein du Ministère de la Défense. Il préconise en outre d’outiller les officiers afin de constituer un pool de formateurs compétents.

Etienne Doly

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