«L’agroécologie est beaucoup plus rentable qu’on le pense, elle ne rime pas avec baisse de productivité » : Le 76è maquis des sciences était chaud

juin 17th, 2021 | par afriktilgre@
«L’agroécologie est beaucoup plus rentable qu’on le pense, elle ne rime pas avec baisse de productivité » : Le 76è maquis des sciences était chaud
Agri-innove
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« L’agroécologie au Burkina Faso : défis et opportunités » était le thème du 76è maquis des sciences, cadre d’échanges autour de sujets scientifiques, organisé le mercredi 16 juin par l’Institut Français de Ouagadougou en collaboration avec le projet PARFAO, et l’Institut de Recherche pour le Développement. Une thématique qui a soulevé de longs débats constructifs.

Ce mercredi 16 juin 2021, durant deux heures d’horloge, universitaires, acteurs du monde associatif et des organisations non-gouvernementales se sont retrouvés à l’Institut Français de Ouagadougou pour discuter autour de la problématique de l’agroécologie au Burkina Faso. D’entrée de jeu, Clémence Samba coordonnatrice du Conseil National de l’Agriculture Biologique ( CNABio) a laissé entendre que « Une ferme qui s’engage à faire une transition agroécologique, c’est sûr qu’au début elle connaitra une baisse de ses rendements. Mais au fur et à mesure que la ferme est restaurée, le producteur verra sa production augmentée, s’il respecte bien les pratiques agroécologiques. ». Qu’à cela ne tienne, Clémence Samba a fait savoir qu’on ne devrait pas se limiter seulement aux rendements, pour évaluer l’importance de l’agroécologie. Selon elle, cette pratique agricole renferme d’autres avantages, en termes de préservation de l’écosystème et par ricochet de la santé humaine.

Plusieurs passionnés de la question agricole ont pris part à ce 76è maquis des sciences

Plus loin Eric Scopel, agronome spécialiste en agroécologie et coordonnateur du projet FAIR SAHEL, prendra le contre-pied en disant que l’enjeu avec la pratique agroécologique reste l’intensification de la production agricole. « Avec l’agroécologie on n’est pas en train de revenir à l’âge de la pierre, avec 700 Kg/ha comme rendement. Je suis contre ceux qui pensent que l’agroécologie ça produit moins. Ce n’est pas vrai. On a des tas d’exemple ou ça produit autant, sinon plus. On est dans une dynamique d’amélioration de la production dans toutes les séries de produits, que ce soit pour l’exportation ou par la consommation locale. », Précise-t-il. Eric Scopel  soulignera par la suite qu’on n’est pas obligé de passer par des phases de baisse de rendements, quand on embarque dans une transition agroécologique. Si on arrive à jouer sur la dynamique de l’eau, faire de sorte que l’eau soit mieux stocker dans les sols. Lorsqu’on parvient à mieux gérer les ressources organiques, on augmente automatiquement la productivité en agroécologie, en à croire le spécialiste.

 En clair le coordonnateur de FAIR SAHEL affirme que le gros défi avec l’agroécologie est la maitrise et l’amélioration des pratiques qui l’encadre. « L’agroécologie est une transition qui est faible en intrants, mais importante en connaissance. » dit-il finalement.

Le professeur Antoine Sanon, enseignant à l’UFR/SVT de l’université de Ouagadougou, a quant à lui expliqué que des pratiques agroécologiques sont citées en exemple dans le monde. La riziculture intensive est une pratique agroécologique qui a été développée à Madagascar avant de se répandre en Asie. Elle est citée aujourd’hui comme un exemple qui a permis d’atteindre une certaine sécurité alimentaire, confie Pr Antoine Sanon. Sur ce dernier point, l’homme n’a pas hésité à déclarer que, le Burkina Faso peut s’inspirer de ce cas concret pour renforcer sa politique agricole. Pour finir, Clémence Samba a invité les autorités Burkinabè en charge de l’agriculture à oser la méthode agroécologique, en accompagnant les producteurs qui veulent passer à une transition agroécologique.

Sougrinoma Ismaël GANSORE

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