François Traoré, Ex président de l’UNPCB : « Il n’y a aucune pratique dans les écoles de formation en Agriculture »

septembre 11th, 2020 | par afriktilgre@
François Traoré, Ex président de l’UNPCB : « Il n’y a aucune pratique dans les écoles de formation en Agriculture »
Agro-pastoral
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A lire de très près le parcours de François Traoré, on conclut qu’il est un leader né.  A 14 ans, il quitte la classe de CM2 pour s’occuper de sa famille, après que son père ait perdu la vue suite à l’onchocercose. Cette expérience lui a permis de mieux maitriser la gestion des hommes. C’est ainsi que dès 1982, il fut président de groupements villageois. Par la suite, l’homme a dirigé des organisations au niveau national et international, comme l’Union des Groupements de Céréales et des Produits Agricoles de la région du Mouhoun (UGCPA), l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB), l’Association de Producteurs de Coton Africains (APROCA) etc. Le mercredi 9 septembre dernier, nous sommes allés à sa rencontre, dans son domicile sis à Rimkiéta. Dans cette interview, il nous livre sa lecture de la campagne agricole 2020-2021, et des risques d’insécurité alimentaire signalés dans le sahel Burkinabè. Il évoque également son passage à la tête de l’UNPCB, et se prononce surtout sur la formation des techniciens de l’agriculture et de l’élevage. Lisez-plutôt !

AFriktilgre : 1Quelle lecture faites-vous de la campagne agricole 2020-2021  dans un contexte de maladie à coronavirus et de d’insécurité dans certaines régions ?

François  Traoré (F T) : Pour cette campagne en cours, nous avons eu des difficultés pluviométriques dans beaucoup de localités. Il est très rare de voir dix villages qui se suivent et qui obtiennent la même pluie. Donc c’était vraiment difficile l’installation de la campagne agricole pour beaucoup de paysans. Ceux qui n’ont pas connu les caprices de dame pluie s’en sortent bien. Mais d’autres ont dû attendre jusqu’en fin juillet pour pouvoir semer. Des paysans m’ont même dit qu’ils ont semé après le 15 aout du maïs  parce qu’ils n’avaient pas de plants qui avaient poussés. Dans le secteur coton, la recommandation obligatoire que les sociétés ont fait était de dire aux paysans de semer jusqu’au 20 juillet. Certains l’ont fait, mais en réalité c’est une loterie. Si la pluviométrie continue et qu’il n’y a pas d’attaques parasitaires avec tout le nécessaire qu’il faut, ils peuvent toujours récolter. La limitation des déplacements engendré par la maladie à coronavirus a impacté également le monde paysan. Dans la préparation de la campagne agricole, il y’a certaines choses, comme les intrants, que les paysans ont eu difficilement, au regard de la limitation des déplacements. Cette difficulté joue réellement sur la campagne. Des cas de coronavirus ont été très minimes parmi les paysans, mais le confinement a porté un coup de tonnerre sur les actives champêtres. Avec les différentes responsabilités que j’ai eu dans le monde rural, beaucoup de paysans m’appellent pour m’exposer leurs difficultés, même quand ils ont des soucis avec la pluviomètre. Je travaille toujours à les rassurer. Je leurs dis toujours que la campagne avec ses caprices peut permettre à ce qu’ils aient de bonnes récoltes après. L’insécurité au sahel et dans d’autres régions du Burkina Faso ont porté aussi un coup dur sur la campagne. Si nous prenons le cas du sahel, malgré que cette zone connaisse déjà un déficit en matière de production agricole, il y a cette sécurité qui est venue s’ajouter. Moi ça me fait pleurer quand je vois un paysan qui laisse son champ, sa famille pour aller s’installer dans une autre localité à cause de l’insécurité.

2-Depuis le 21 aout 2020, le PAM et la FAO ont signalé dans un communiqué conjoint des risques d’insécurité alimentaire aigue dans le sahel Burkinabè. Quel commentaire vous inspire cette situation ?

F T : Il y’ a beaucoup de facteurs par lesquels on doit travailler pour qu’il n’y est pas l’insécurité alimentaire. Pour moi parler de la famine au sahel c’est vrai, mais c’est quelque chose de résolvable. J’ai toujours dit que la nappe phréatique Africaine est celle qui n’est pas utilisée. Pourtant le pétrole qui est plus profond que l’eau, beuh écoutez, ceux qui en ont besoin viennent l’enlever et nous les paysans, nous avons besoin de l’eau et c’est nous qui n’avons pas l’eau. Si aujourd’hui on peut avoir de l’eau pour le sahel, avec les portions de terres qu’ils ont et que techniquement ils sont accompagnés réellement, il n’y a pas de raison que nous ne sortons pas de l’insécurité alimentaire et que ces terres du sahel soient même plus productives.

L’information que j’ai c’est que 60% des terres cultivables dans le monde se situent en Afrique, mais c’est dans ce continent qu’on parle d’insécurité alimentaire. En tous cas moi je sais qu’un paysan canadien ou chinois ne comprendrait pas que nous ayons les disponibilités de terre et que nous n’arrivons pas à nous nourrir correctement. Pourtant nous sommes moins peuplées. Selon les statistiques on peut mettre trois fois la superficie de la chine en Afrique. La chine est plus peuplée que l’Afrique, mais elle se nourrit et elle exporte. Il y’a un problème d’organisation dans le monde rural Africain. Depuis les indépendances on n’a réellement pas mis l’accent sur l’organisation du monde paysan. Ce qui est en train d’être fait actuellement, souvent même j’exagère en disant que c’est du blabla. Si la chine se nourrit et qu’elle exporte du riz ici alors qu’elle est plus peuplée que nous, c’est à la base qu’on a fait l’organisation et sans distinction. Sinon le brouhaha qu’on fait en haut avec de grosses structures c’est faux, on pourra jamais. Ce ne sont pas des gros qu’on fabrique par ci par là, non, on veut que chacun soit utile pour sa nation. La petite portion que chacun a doit être bien utilisée, c’est ça la vraie organisation.

Dans le secteur coton par exemple, quand on a réussi à commencer à organiser les paysans dans une solidarité au sein leurs localités, avec de bon dirigeants, ce n’est pas l’UNPCB qui produisait le coton, ce sont les groupements de producteurs de coton (GPC) qui produisaient le coton. A l’époque on a eu de la peine à faire comprendre qu’on doit mettre des structures par filière. Aujourd’hui certains seraient prêts à couper ma tête pour dire qu’il n’y a pas eu de difficultés, c’est faux. On a eu de la peine à faire comprendre à certains administrateurs que l’organisation par filière n’empêche pas un agriculteur de faire une autre production. L’organisation depuis la base est très importante. Sans ça on ne peut rien faire.

François Traoré estime que le monde paysan Africain en général et Burkinabè en particulier est mal organisé

3-Cette année le mécanisme de distribution électronique des intrants et équipements agricoles a fait couler beaucoup d’encres et de salives. Le syndicat des travailleurs de l’agriculture a estimé qu’il n’est pas adapté au contexte Burkinabè. Qu’est-ce que vous pensez de cette innovation du ministère en charge de l’agriculture ?

F T : Moi je ne comprendrai rien tant que les producteurs ne sont pas organisés. D’abord le répertoire paysan, qui peut me dire qu’il l’a. Moi j’ai un champ à Marbagasso, demandez s’il y a un agent de l’agriculture qui a déjà mis pied dans le champ, mais il existe depuis 2003. Pour moi cette distribution électronique des intrants, ce sont des modes, mais tant que les paysans ne sont pas répertoriés, ne sont pas organisés, on va favoriser ceux qui sont éveillés et ceux qui ne sont au courant de rien, seront au courant de rien. Si on dit aux agents de terrain de repérer des paysans, ils vont vous repérer des paysans qui les plaisent toute suite, mais ce qui est sûr, il y’a des gens qui ne savent pas qu’il y a un agent sur le terrain. Avec des paysans qui dans la majorité ne sont pas allés à l’école, ça va m’étonner aussi qu’une banque donne du crédit à quelqu’un à qui il ne fait pas confiance. Il se base sur quoi pour lui donner du crédit. Le gratuit n’existe pas sen intrant. La distribution électronique peut favoriser ceux qui sont éveillés, surtout que la majorité des techniciens et des cadres aujourd’hui se font des champs, eux ça peut les favoriser, mais le producteur lambda moi je ne crois pas.

4-Le 25 janvier 2010 vous avez déposé votre lettre de démission de la présidence de l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB) après 12 années de service. D’aucuns disent que vous avez été contraint à la démission suite à votre volonté de rempiler pour un autre mandat, après 11 ans de gestion. Que leurs répondez-vous ?

F T : Je ne peux pas empêcher les gens de parler, mais je vous ai donné ma version, c’est tout. C’est l’idée de l’organisation de la production de maïs qui m’a fait démissionner de l’UNPCB, parce qu’on croyait que c’était un crime d’organiser les producteurs de maïs en filière. J’ai estimé qu’on avance à reculons, donc je me suis retiré.

Une statue qui invite à la réflexion permanente autour du monde rural. C’est le cadeau que François Traoré a reçu des mains d’un producteur à la fin de son mandat à la tête de l’UNPCB

5-En tant que premier président de l’UNPCB, quels ont été vos acquis majeurs pendant vos 12 années de gestion ?

F T : Au cours de mon passage à la tête de  l’UNPCB, le Burkina Faso est passé d’une production de 116 000 tonnes de coton à plus de 700 000 tonnes. Je n’ai pas l’exactitude des chiffres ici, mais avec cette quantité nous avons quitté  notre rang de 11è producteur de coton pour occuper la première place en Afrique. De six usines au départ, nous sommes passés à plus de vingt usines, avec un grand nombre d’emplois créés. Ce n’est pas vraiment la quantité de coton produit qui est l’exploit pour moi. C’est la répartition des revenus. En ce moment avec plus de 700 000 tonnes, dans tous les petits villages, le paysan qui est assis dans son petit GPC pouvait travailler, récolter vendre et avoir son argent, c’est ça qui est l’exploit pour moi. Plus de 700 000 tonnes, les autorités pouvaient se vanter de ça, mais ce qui m’intéressait c’est l’augmentation du revenu des paysans. On s’organise pour augmenter les revenus du producteur, son niveau de vie. Si on n’agit pas dans ce sens, il n’y’a donc pas de différence entre l’homme et l’animal.

6-Que pensez-vous de la gestion actuelle de l’UNPCB par le président Bihoun Bambou ?

F T : Non, je ne vais pas me prononcer sur cette question. Je l’encourage.

7-Lors d’une de vos récentes sorties relayée par la plateforme «  La cause rurale », vous avez déclaré que plusieurs techniciens de l’agriculture et de l’élevage ne sont pas qualifiés dans la conduite des travaux pratiques.

Vous avez dit, je cite « Plusieurs techniciens de l’agriculture et de l’élevage préfèrent les salles de conférence que d’être vrais conducteurs des développements agricoles, certains ne s’y connaissent même pas dans la pratique. En tout cas moi, depuis que je suis agriculteur il est difficile de trouver un technicien qui dira que c’est lui qui m’a orienté dans l’évolution de mon exploitation. Il y’ a donc un travail à faire concrètement dans la pratique. La propagande ne fait pas le développement ».

Ne pensez-vous pas que vous êtes allés trop loin avec cette remarque ?

F T : Quelqu’un m’a dit que quand leur promotion était à Matourkou, ils ont demandé à faire un champ. C’est à partir de ce petit champ qu’ils ont eu l’occasion de faire que certains parmi eux qui n’étaient pas des fils d’agriculteurs ont vu une plante pousser, pourtant ils allaient sortir ingénieur, pourtant ce n’est pas officiel leur petit champ qu’ils ont fait. Ils ont demandé, ils ont bousculé pour avoir un terrain, alors qu’il y a de l’espace non exploité. Si leur promotion n’avait pas eu la volonté de faire ce petit champ, certains allaient sortir ingénieur sur le papier sans avoir vu une plante pousser. Vous pensez que ce genre d’ingénieurs peut donner quel conseil à un paysan.

Les chinois l’ont démontré, tout le monde l’a démontré, on n’a pas de pratique. Quand j’ai eu mon premier tracteur, il y’ a un agent de l’agriculture qui devait m’accompagner. Le jour qu’il est monté sur le tracteur, il a sauté laisser l’engin et n’est plus jamais revenu. Il ne s’y connaissait pas. Je vais vous citer un autre exemple. J’ai connu un vétérinaire privé à Solenzo, Mr Sylla. Il est l’un des rares techniciens à qui quand je dis tic il dit tac. J’ai besoin de me faire vacciner mes animaux tels jours, le jour j il est présent. Ça c’est quelqu’un qui a décidé de faire de la pratique. Pendant qu’il était à l’école ou à l’université, il avait ça en tête. Même si on ne le formait pas dans la pratique, il avait déjà cette idée de pratique en tête. Il y’a des particularités comme ça que l’on peut nationaliser pour mieux valoriser notre jeunesse

A l’époque j’ai écrit des documents où j’ai signalé que, le Centre Agricole Polyvalent de Matourkou a 1400 hectares avec du matériel agricole non exploité. Quand j’ai parlé de cette situation devant un agent de l’agriculture, il m’a dit que dans les années 1980, Thomas Sankara a fait savoir à leur promotion qu’il ne peut pas nourrir des futurs agronomes qui sont dans un centre avec du matériel et qui ne sont pas en train de faire la pratique pour se nourrir. Il m’a fait savoir qu’ils étaient la première promotion à faire 70 hectares à Matourkou. Moi je pense que les 1400 hectares à Matourkou, on peut les exploiter en formant ces futurs agents de l’agriculture. Est-ce que vous pouvez amener votre moto chez quelqu’un qui a appris la mécanique sur le papier, qui n’a pas été dans un garage ? Quand vous sortez sans pratique c’est difficile. Le suivi sur le terrain, ca je vous assure, on peut me couper la tête, je vous dis ce n’est pas à 50%.

François Traoré appelle à une réadaptation des curricula dans les écoles de formations en Agriculture

8-Quelles peuvent être les raisons de cette défaillance dans la formation de nos techniciens de l’agriculture et de l’élevage ?

F T : Je vais vous raconter une anecdote dans les années 1990. Un agent de l’agriculture qui lors d’une rencontre a dit devant des partenaires, comment voulez-vous que moi j’accompagne un paysan qui est plus riche que moi. Vous voyez le mental, ça veut dire qu’il y a un travail à faire sur le mental du monde intellectuel. Tu veux être fonctionnaire, tu dois être au service de qui ?, si vous demandez à un commerçant il dit qu’il est au service des clients. C’est ça l’amour du travail bien fait. Il faut qu’on travaille à inculquer ça dans la tête de nos intellectuels. En tous cas les paysans, ils ont l’amour du travail, ils ont leurs connaissances du terrain. Avec tous les chercheurs que nous avons aujourd’hui, ce n’est pas interdit d’étudier ce que les gens font à ailleurs pour réussir et de l’adapter à notre contexte. Si on l’adapte à notre contexte, cela nous permettra nous aussi de mettre en place une créativité que certains ne vont pas comprendre, parce que nos réalités sont différentes des autres. Ici par exemple, nous n’avons pas la neige, on a un contexte un peu diffèrent, il suffit d’adapter une technologie et que à l’école on apprenne aux gens à réfléchir, pas à répéter. Moi j’ai l’impression qu’on apprend aux gens à répéter, pas à réfléchir. Etre le plus grand répétiteur n’amène nulle part, même l’animal répète souvent. Si tu apprends à un perroquet à dire « oui-oui », il te dira « oui-oui ».  Il faut plus de pratique dans nos écoles de formation en agriculture et en élevage. On ne fait pas du développement avec le comportement ordinaire. C’est dans l’extraordinaire qu’on fait du développement.

9-Que pensez-vous des initiatives actuelles en faveur de la promotion du « Consommons Burkinabè » ?

F T : Ecoutez, moi je suis un villageois, je sais que dans mon village les femmes font du dolo. La femme  qui prépare le meilleur dolo n’appelle pas les gens. Les gens cherchent même à connaitre ses jours de production. Le « Consommons Burkinabè » c’est patriotique d’abord, je suis d’accord, mais il faut mettre à la disposition du consommateur ce qu’il désire et ce que sa bourse peut acheter. Je suis d’accord avec ceux qui prônent le « Consommons Burkinabè ». Je suis même heureux que ce soit des associations et même le ministère en charge du commerce qui prônent cette idéologie. Mais il y’a un b.a.-ba à respecter depuis la production. Si cela n’est pas fait, on risque de faire du bruit inutilement, avec des résultats façonnés. Quand vous êtes obligés de façonner un résultat ça veut dire qu’il n’est pas conséquent. Comme je viens de vous le dire, quand le dolo est bon dans une famille, ce sont les gens même qui se déplacent pour venir consommer sans aucune publicité. Il faut travailler à proposer des produits de qualité, disponibles, et que la chaine ne s’interrompt pas. L’autre chose qui est aussi vrai, c’est qu’il y a du pourboire souvent dans les importations. On autorise les importations, parce qu’il y a du gain quelque part pour des individus. Ce sont des pratiques que beaucoup de pays ont réussi à limiter. Le patriotisme c’est ça aussi.

10-Comment avez-vous apprécié la tenue de la deuxième édition du Salon International du Coton et du Textile (SICOT). Est-ce que vous pensez que cette tribune a été réellement utilisée pour booster la production et la transformation du Coton ?

F T : Le débat sur une filière est important. Maintenant c’est à utiliser tout ce qui a été dit. On a eu de bonnes réflexions, mais pourvu qu’on mette les points sur le i, qu’on soigne là où ça fait mal. Aujourd’hui il y’a de sérieux problèmes avec la semence du coton. Dans la variété actuelle, il y’ a de sérieux problèmes. La recherche ne me dira pas le contraire, les producteurs ne me diront pas le contraire. On a eu des difficultés avec des pesticides, avec plusieurs intrants, ça ce sont des choses connues, il ne faut pas se voiler la face. Nous qui avons vécu dans des périodes ou nous étions en vogue, on ne va pas se priver de partager aussi. Je ne fais pas partie des hommes qui se tapent la poitrine, parce que quand moi j’étais là ça marché, et quand je suis parti ça ne marche plus. C’est une honte pour moi, qu’est-ce que j’ai fait alors pour aider. Je vais vous dire que je n’ai pas été peut être compris, mais je sais qu’on peut toujours résoudre et on est toujours prêt à contribuer pour que les choses s’améliorent.

Propos recueillis par Sougrinoma Ismaël GANSORE

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