Burkina Faso : AGreenLab veut promouvoir l’autonomisation des femmes

novembre 4th, 2022 | par afriktilgre@
Burkina Faso : AGreenLab veut promouvoir l’autonomisation des femmes
L'autre regard
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Les défis liés à l’employabilité des femmes en milieu rural ont fait l’objet d’un atelier, le jeudi 3 novembre 2022 au sein de l’université de Ouagadougou. Initié par les Organisations Non Gouvernementales (ONG) MakeSense Africa et Peuple Power Inclusion (PPI), dans le cadre du programme AGreenLab, cette rencontre d’échange a permis à des entrepreneurs à succès dans l’agroalimentaire de partager leurs expériences avec des porteurs de projets (des femmes en majorité) en milieu rural

Le constat est sans équivoque. En milieu rural, les femmes sont marginalisées sur le plan de l’emploi, surtout dans les domaines de l’agroalimentaire et des énergies renouvelables. Pourtant, elles sont au cœur de ces deux activités, reconnait unanimement la vingtaine de femmes et d’hommes qui étaient aux cotés de PPI et Makesense Africa, ce 3 novembre, pour décortiquer le thème : «  Employabilité des femmes en milieu rural : Défis et enjeu. »

Cette situation s’explique en grande partie par les pesanteurs sociales selon Florence BASSONO/KABORE promotrice de l’entreprise Faso Attiéké, et membre du quatuor de panélistes. « En milieu rural, la femme qui veut travailler la terre va en demander à un propriétaire terrien. Elle travaille, et quand la terre est fertile, l’année qui suit le propriétaire terrien ou le mari récupère la terre en lui donnant un autre terrain. Donc son travail revient à fertiliser pour les hommes. » se désole-telle.  A cela s’ajoute le refus de certains parent de scolariser leurs filles. Toutes ces pesanteurs socio-culturelles se répercutent naturellement sur l’accès des femmes aux financements, limitant ainsi leur accès à des emplois decents, précise Florence BASSONO/KABORE.

Florence BASSONO/KABORE, panéliste, promotrice de l’entreprise Faso Attiéké

Il faut un changement de paradigme afin de responsabilité davantage la femme

Pour   Sadouna DIASSO, panéliste et promoteur d’un centre de formation pour jeunes filles, aux métiers de l’agroalimentaire, à ce jour les femmes ne sont pas actrices de leur développement personnel et familial. Une situation déplorable, en ce sens qu’elles représentent plus de la moitié de la population burkinabè. « Si elles (les femmes, ndlr) ne sont pas actrices de leur développement par l’emploi, il n’y aura pas d’inclusion, de stabilité. Malheureusement, dans plusieurs projets, les financements qui devaient parvenir aux groupements de femmes sont récupérés par des leaders véreux qui les utilisent à des fins personnelles. » fustige Sadouna DIASSO.

Sadouna Diasso, « les femmes ne doivent plus se victimiser, mais se responsabiliser »

Il est plus que nécessaire de travailler à l’autonomisation des femmes, AGreenLab donne l’exemple.

L’autonomisation des femmes telle que voulue par le programme AGreenLab, passe nécessairement par trois éléments indispensables : la formation professionnelle des jeunes filles et des femmes, la sensibilisation des populations afin de lever les préjugés et l’accès des femmes aux sources de financement. Conscients de ces défis, le programme ouvre ses opportunités à des jeunes filles à l’image de Aida KOUENA. Grace à AGreenlab, elle est aujourd’hui à la tête de SODEL, une entreprise évoluant dans la transformation des légumes frais. « Je suis arrivée dans le programme étant en phase d’idée. Aujourd’hui, je suis en phase production et je commercialise déjà. », se réjouie Aida KOUENA. En tant que panéliste, elle n’a pas manqué d’appeler les femmes à l’union pour donner plus de poids à leurs actions.

Aida KOUENA, bénéficiaire de AGreenlab Cohorte 2

Des participants satisfaits

Venue à l’atelier pour connaitre les mécanismes déployés en milieu rural pour garantir une autonomie financière aux femmes, Arlette Bayala dit avoir trouvé son compte. Elle déplore néanmoins les stéréotypes qui bloquent cette autonomisation.

Retrouvez sur Afriktilgre Tv, un résumé de l’atelier.

« Nous n’avions pas l’information qu’en fait le problème avec les femmes c’est qu’elles n’ont pas la bonne information pour pouvoir prospérer dans les activités. Et même quand elles ont l’information, il y a nous-même hommes qui constituons un frein dans la captation des opportunités. » ajoute Fax Ouédraogo, un autre participant.

A terme, AGreenLab veut former cent (100) entrepreneurs au Burkina Faso. Au-delà de la formation, il entend aider ces entrepreneurs ( les femmes en l’occurrence) dans l’obtention de financements ainsi que dans la gestion de leurs projets, a en croire Magette Bega N’Dour coordonnatrice du programme chez MakeSense Africa.

Adrien Djiguemde

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