Bas-fond rizicole de Djikando : Un site en quête d’entretien

août 18th, 2021 | par afriktilgre@
Bas-fond rizicole de Djikando : Un site en quête d’entretien
Agro-pastoral
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Situé dans le sud-ouest du Burkina Faso, dans la commune de Gaoua précisément, le bas-fond rizicole de Djikando, aménagé en 2003 sur une superficie de 25 ha, est en grande partie exploité de façon artisanale par 46 producteurs réunis au sein de la coopérative Wend-Kouni (don de Dieu en langue locale Mooré). En dehors de l’appui en labour reçu à la faveur de l’initiative présidentielle produire un million de tonnes de riz en 2020-2021, les exploitants du bas-fond cultivent à la main, récoltent avec la main, font le battage à la main à l’aide de barrique et de bois et entreposent les récoltes dans leurs domiciles, faute de magasin de stockage. A ce manque d’outils de mécanisation s’ajoutent d’autres contraintes comme l’engloutissement du bas-fond par les constructions tout autour. En visite sur le site en question, le 10 Août dernier à l’occasion du suivi de la campagne agricole de saison humide, le Ministre en charge de l’agriculture Salifou Ouédraogo s’est dit préoccupé par les contraintes énumérées par les riziculteurs et a engagé ses Directeurs Techniques et proches collaborateurs dans la recherche de solutions.

Le Ministre en charge de l’agriculture et sa délégation ont fait le tour du bas-fond pour toucher du doigt la réalité des choses

Cette année, les 46 exploitants (18 hommes et 28 femmes) du Bas-fond rizicole de Djikando comptent remplir leurs « greniers » avec 160 tonnes, après 120 jours de durs labeurs. A la date du 10 Août 2021, la superficie de 40 ha emblavés présente 160 parcelles élémentaires en plein tallage avec un état phytosanitaire jugé bon par Jean Philippe Hien, un des 46 exploitants des lieux. Une physionomie encourageante de la variété de riz TS2 (FKR 64), principale spéculation cultivée sur le site, obtenue grâce à des appuis en intrants, en renforcement de capacités et en suivi appui-conseils, de la part de la Direction Régionale de l’Agriculture des Aménagements Hydro-agricoles et de la Mécanisation du Sud-ouest, du Projet Riz Pluvial et de bien d’autres structures, à en croire les explications de Jean Philippe Hien mandaté par la coopérative pour présenter le bas-fond au Ministre et à toute sa délégation.

Jean Philippe Hien a présenté le bas-fond de fond en comble au Ministre et à sa délégation

Pendant près d’une heure d’horloge, Salifou Ouédraogo et ses collaborateurs ont donc eu l’occasion de mieux connaitre le Bas-fond rizicole de Djikando à travers les Hommes qui l’exploitent, les moyens financiers et matériels utilisés, les opérations culturales pratiquées sans oublier les contraintes qui freinent les ambitions des braves producteurs réunis au sein de la coopérative Wend Kouni. Sans occulter les efforts des services en charge de l’agriculture qui permettent au bas-fond de présenter un visage reluisant, près de trois mois après le début des opérations culturales, Jean Philippe Hien n’a pas hésité à dire que l’arbre ne doit pas cacher la forêt, tant les difficultés qu’ils rencontrent sont inquiétantes.

Les contraintes des exploitants du Bas-fond Rizicole de Djikando sont légion

Sans langue de bois, Jean Philippe Hien a fait savoir au premier responsable de l’Agriculture au Burkina Faso que les 46 coopérateurs de Wend Kouni font face à une insuffisance doublée par des coûts élevés des engrais sur le marché. « Cette année c’est une particularité. Nous ne l’avions jamais connu. », Confie-t-il, avant d’ajouter que les exploitants du bas-fond ne disposent pas d’un magasin pour stocker les récoltes. A cet sujet Jean Philippe dira que chaque exploitant est obligé d’entreposer sa récolte à domicile, en attendant de la faire ressortir pour « vanner », avec tous les risques de perdre que ce va et vient engendre. Il faut noter aussi que depuis 2003, année d’aménagement du bas-fond, les producteurs présents sur le site ne disposent d’aucun tracteur encore moins d’une batteuse pour réduire la pénibilité des travaux. Le riz récolté sur les 40 ha emblavés est battu sur des barriques à l’aide de morceaux de bois. Une pratique qui nécessite une force humaine conséquente, alors que la coopérative est confrontée à une insuffisance de la main d’œuvre. Le bas-fond étant situé en ville, les jeunes préfèrent aller chercher leur gagne-pain ailleurs au lieu de se salir les mains sur des parcelles de riz.
Le bas-fond est entrain d’être englouti par des constructions à proximité

L’insécurité foncière est l’autre casse-tête chinois des hommes et femmes qui travaillent la terre à Djikando. En effet des habitations se dressent à proximité du bas-fond, et malgré que le site soit bien borné, les producteurs craignent un engloutissement de leurs champs par les différentes constructions. « Mr le Ministre, nous avons bien peur que d’ici votre prochaine visite, vous ne venez constater que la superficie a diminué à cause des constructions. », lance Jean Phillipe Hien au Ministre Salifou Ouédraogo avec un regard interpellateur. Pour finir, le représentant des producteurs a laissé entendre que les diguettes du bas-fond sont constamment détruites par la pluie, tandis que les femmes souffrent d’un manque de matériels pour l’étuvage du riz. Pendant la saison sèche, le bas-fond se mue en une vaste étendue de maraichage, mais le manque de forage handicape cette activité de contre-saison. Sur ce dernier point, Jean Philippe Hien a demandé également l’accompagnement du ministre.

Le Ministre Salifou Ouédraogo donne des directives pour la résolution des problèmes soulevés

En prenant la parole devant les producteurs du Bas-fond rizicole de Djikando, le Ministre de l’Agriculture des Aménagements Hydro-agricoles et de la Mécanisation, Salifou Ouédraogo, a d’emblée salué les sacrifices consentis par ces hommes et femmes dans l’entretien des parcelles emblavées. Il a poursuivi en invitant son Directeur Général de la mécanisation à prendre les dispositions nécessaires pour offrir une batteuse à la coopérative Wend Kouni. Pour ce qui est de l’absence de magasin de stockage et de matériels pour l’étuvage du riz, le patron de l’agriculture a instruit le Directeur régionale en charge de l’agriculture du Sud-ouest de prendre attache avec le Secrétaire Technique de l’initiative Présidentielle produire 1 million de tonnes de riz paddy, afin que les riziculteurs de Djikando puissent disposer de ces équipements de travail. Dans la foulée Salifou Ouédraogo a ajouté que son Directeur Général de l’irrigation, fils de la région du Sud-ouest, a pris l’engagement de fournir un forage aux maraichers.
Chaque promesse du Ministre était suivie par un tonnerre d’applaudissements et des cris de victoire.
Salifou Ouédraogo promet des solutions face aux contraintes soulevées

Le moins que l’on puisse dire est que Salifou Ouédraogo avait en face de lui des paysans, parmi eux des Personnes Déplacées Internes (PDI), qui portent tous leurs espoirs sur sa personne et le ministère qu’il dirige. Les engagements ayant été pris verbalement, la réalisation effective relève donc de la maxime anglaise qui commande que l’on patiente

pour voir avant de croire. C’est donc du « wait and see ».

Sougrinoma Ismaël Gansore

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