Agroécologie : Le CNABio renforce les capacités de 50 producteurs en fabrication de bio-pesticides

novembre 5th, 2022 | par afriktilgre@
Agroécologie : Le CNABio  renforce les capacités de 50 producteurs en fabrication de bio-pesticides
Agri-innove
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Du 04 au 05 novembre 2022, s’est tenue une formation en production de bio-pesticides au centre Beogo Koobo de Nakamtenga dans la commune de Ziniaré, au profit d’une cinquantaine de producteurs de la région du Plateau Central. Cette activité est une initiative du Conseil national de l’agriculture biologique en collaboration avec l’ONG APIL. A travers la formation, les deux structures veulent amener les paysans à briser la chaine de dépendance vis à vis des pesticides chimiques.

La formation a concerné une cinquantaine de productrices de la région du plateau central.

La plupart des produits chimiques utilisés par nos producteurs agricoles comportent de nombreuses conséquences sur l’environnement, mais aussi des maladies pour l’homme. Afin de permettre aux producteurs du Burkina Faso d’engranger de grandes récoltes tout en préservant la terre, le Conseil national de l’agriculture biologique(CNABio) a développé des techniques locales, notamment la fabrication des bio-pesticides. En collaboration avec l’ONG APIL, il a formé plus de cinquante productrices de la région du Plateau Central, en fabrication de pesticides avec des matériaux de base, du 04 au 05 novembre à Nakamtenga dans la commune de Ziniaré.

Moussa Kabré, technicien agricole, a assuré la formation.

Pendant deux jours, les productrices ont été outillées sur quatre types de bio-pesticides tous basés sur des matériaux locaux. Pour le premier bio pesticide, les femmes ont appris à faire le bouillon de cendre qui se fabrique avec de la cendre, du savon et du piment. Pour Moussa Kabré, technicien agricole et formateur du jour, un producteur qui n’est pas capable de fabriquer son propre bio-intrant restera esclave agricole. Et selon ses explications, cette formation vise à rendre les femmes productrices autonomes vis à vis des produits venant d’ailleurs. « Les pesticides que nous sommes en train de faire avec elles, ce sont les matières qu’elles-mêmes ont apporté : c’est le piment, c’est la cendre, du savon et de l’eau, puis la marmite pour bouillir. Ce sont des ingrédients qu’elles avaient à la maison. » a-t-il ajouté.

Les trois autres formules qui ont été apprises aux productrices sont le kooglzanga, le fiol et l’apichi. Les participantes à cette formation sont issues de huit villages qui travaillent déjà avec l’ONG APIL sur l’agriculture biologique. Pour Abraham Kalga, chargé de projet à l’ONG APIL, le choix du thème a été bien pensé, parce que cela répond à leur besoin. « Nous accompagnons plus d’une quarantaine de femmes, le choix de cette thématique est bien pensé. Parce que ces femmes après les cultures pluviales s’adonnent aux activités de maraichage, et nous dans notre logique, nous les conseillons donc de pratiquer l’agriculture biologique. ».

“Le choix du thème a été bien pensé”, Abraham Kalga, chargé de projet à l’ONG APIL.

Pendant ces deux jours de formation, l’ambiance est bon enfant et les participantes ont fait montre d’une participation active, en relançant à chaque fois le formateur pour mieux comprendre certaines notions. Les participantes à cette formation ont salué l’initiative qu’elles trouvent louable et ont tenu à exprimer leur gratitude aux initiateurs. « C’est vrai nous, on avait d’autres pratiques mais celles qu’on nous a apprises sont assez simples, parce que les ingrédients sont juste à côté de nous. Déjà la différence est nette, parce que les produits chimiques eux, ils éliminent les prédateurs, mais les bio-pesticides ont un rôle répulsif.», a indiqué Chantal Soubeiga, productrice à Guiloungou.

Chantal Soubeiga salue le choix de techniques simples, avec des ingrédients accessibles aux femmes.

Carine Kabore chargée de projet au CNABio, a expliqué que la pratique de l’agriculture écologique et biologique exige un certain nombre d’attitudes. Et parmi ces comportements, il y a l’abandon des intrants chimiques, des OGM, les semences améliorées, les engrais chimiques.  « Les pesticides et les engrais chimiques actuellement ça coute extrêmement cher et c’est ça qui détruit l’environnement, c’est pourquoi à notre niveau on veut former les productrices pour qu’elles puissent être autonomes. ».

Les engrais chimiques détruisent l’environnement, estime Carine Kabore chargée de projet au CNABio.

Abraham Kalga de l’ONG APIL s’est engagé à conseiller et à suivre la mise en pratique des techniques apprises par les productrices. Il faut rappeler que le CNABio est une faitière des acteurs de l’agriculture biologique et de l’agroécologie qui existe depuis 2011 et intervient dans la formation, la sensibilisation et le plaidoyer.

Alassane Ouédraogo

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