Lâcher de 75000 Moustiques génétiquement modifiés à Souroukoudingan : la Coalition de Veille sur les Activités Biotechnologique (CVAB) s’inquiète et interpelle

août 22nd, 2025 | par afriktilgre@
Lâcher de 75000 Moustiques génétiquement modifiés à Souroukoudingan : la Coalition de Veille sur les Activités Biotechnologique (CVAB) s’inquiète et interpelle
Astuce santé
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La Coalition de Veille sur les Activités Biotechnologique (CVAB) s’est une fois de plus inquiétée de la poursuite du projet Target Malaria visant à lutter contre le paludisme à travers le lâcher de moustiques génétiquement modifiés dans l’environnement. La CVAB a animé une conférence de presse le jeudi 21 aout 2025 à Ouagadougou. Les conférenciers disent redouter les conséquences imprévisibles sur les populations de cette solution biotechnologique ; une position que la coordination tient depuis le début du projet.

Oui à une lutte sans merci contre le paludisme, mais pas à travers une méthode aux conséquences incertaines. C’est la ligne de défense réaffirmée par la Coalition de Veille sur les Activités Biotechnologiques (CVAB) face aux journalistes ce 21 aout 2025. Cette sortie médiatique intervient alors que le 11 août dernier, l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), a procédé au lâcher de 75 000 moustiques biaisés dans le village de Souroukoudingan sis à Karangasso Sambla, région du Guiriko.

« La CVAB avait souhaité la suspension de l’autorisation du lâcher et de l’élargissement social afin que tous les arguments soient considérés dans la controverse sur le projet Target Malaria, dans un communiqué » a rappelé Ali de Goamma Tapsoba, membre de la CVAB. Même s’il est vrai que les porteurs du projet disent avoir pris toutes les dispositions nécessaires, le conférencier insiste pour dire que « la question des moustiques génétiquement modifiés est hautement technique pour que des profanes puissent valablement consentir à ces lâchers ».

Ali de Goamma Tapsoba, membre de la CVAB: “Nous continuerons nos activités de plaidoyer, nous ne faisons pas de bras de fer.”.

Selon les membres de la coalition, la technologie utilisée par les instigateurs du projet Target Malaria, consistant en « l’élimination du vecteur par des moustiques à impulsion génétique mis au point par la technologie du forçage, est très controversée et pose des problèmes éthiques ».

« Des alternatives sures pour vaincre le paludisme existent ».

La Coalition de Veille sur les Activités Biotechnologiques dit être convaincue que l’éradication du paludisme au Burkina Faso est bien possible sans la méthode que propose le projet Target Malaria. Pour étayer cet argument, son porte-parole, Lucien Silga fait appel à des exemples de pays déclarés exempts de paludisme sans avoir eu besoin des moustiques génétiquement modifiés. Il évoque des cas récents comme le Cap vert en 2024 et l’Algérie en 2019. Il cite également la Chine, l’Argentine et le Brésil certifiés pays exempts de paludisme depuis plusieurs années.

Lucien Silga porte parole de la CVAB plaide pour que les journalistes initient des débats publics sur le projet Target Malaria.

Plusieurs pays n’ont signalé aucun décès ou cas autochtone de paludisme depuis 2022, notamment Sao Tomé-et-Principe, les Comores, l’Egypte et la Thaïlande. Ont-ils eu recours aux moustiques à impulsion génétique ?” Interroge Lucien Silga. Répondant par la négative, il mentionne que ces résultats obtenus ailleurs ont été possibles grâce à l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, la pulvérisation intra domiciliaire, mais aussi grâce à la surveillance des cas, la mise en place d’un réseau de laboratoires de diagnostic, etc.

Pour le porte-parole de la CVAB ce sont des pistes que le Burkina Faso peut emprunter dans la lutte contre le paludisme. Lucien Silga, d’ajouter qu’à ces solutions, il faut adjoindre l’assainissement du cadre de vie, l’utilisation de l’Artemisia sans oublier la poursuite des recherches sur le vaccin R21/Matrix-M développé par des chercheurs Burkinabè à Nanoro dans la région de Nando.

A.D

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